Ils ont 16, 36, 48, 55 ou 66 ans, ils sont au lycée, jeune consultant ou chef de projet expérimenté, responsable marketing en congé maternité, auditeur interne du secteur bancaire ou encore retraité…D’âge, de genre et d’expérience pourtant très différents, quel est le point commun entre tous ceux qui me font confiance ?
Quand ils frappent à ma porte, ils vivent une période inconfortable. Les symptômes sont souvent les mêmes : perte d’énergie, sensation d’oppression, impression qu’une montagne se dresse devant eux,
et puis ce ras-le-bol d’aller mal qui pousse à vouloir faire quelque chose. OK mais quoi ?
Qu’ils identifient ou pas la cause de leur mal être, ils ont besoin d’être écoutés, accueillis avec leurs émotions douloureuses. C’est la première étape.
Commence ensuite le travail d’accompagnement proprement dit qui va permettre d’y voir plus clair et d’avancer. C’est au cours de cette étape que le constat émerge : la motivation est à plat ! Avec ce
questionnement sous-jacent : de quoi ai-je vraiment envie au fond maintenant ?
La motivation vient de movere en latin qui veut dire se mettre en mouvement. Sans refaire l’histoire des théories sur la motivation, j’aime bien m’appuyer sur quelques incontournables : Maslow et la
pyramide des besoins et l’approche neuro-cognitive et comportementale qui établit la distinction entre motivation intrinsèque et extrinsèque.
Malgré les nombreuses critiques à son endroit, notamment sur le séquençage des cinq catégories de besoins, la pyramide de Maslow reste très pertinente pour classer les besoins humains et repérer
ceux qui nous animent.
Je me suis ainsi rendue compte sans surprise que le besoin d’accomplissement (ou de sens) constituait ma source de motivation principale dans mon activité aujourd’hui ; en revanche j’ai été amusée de constater que les besoins physiologiques, à la base de la pyramide, tenaient également une place non négligeable. Ainsi, choisir mon rythme, aménager mon espace de travail concourent à ma motivation et à mon énergie.
J’utilise l’approche neuro-cognitive et comportementale pour explorer ce dernier étage de la pyramide, celui du sens. En s’intéressant à nos motivations intrinsèques, profondes, celles qui nous donnent envie de nous lever le matin, qui nous font agir sans l’impression de fournir d’effort, cette approche aide à repérer ce qui nous motive intérieurement, comme si l’énergie fusait naturellement.
C’est important de repérer nos motivations intrinsèques car ce sont celles qui vont nous aider à identifier ce qui nous met en vie durablement.
La motivation extrinsèque, comme son nom l’indique, provient de l’extérieur. Elle dure moins longtemps, elle est plus fragile et plus coûteuse en énergie. Avez-vous déjà vécu cette situation au
travail où, attiré par la prime financière et/ou la reconnaissance de vos chefs, vous avez mis les bouchées doubles, parfois sacrifié votre vie de famille et écopé, en prime d’un mal de dos ? Pour au final ressentir une certaine tristesse ?
C’est la différence entre une activité exercée pour le profond sentiment de contribution ou d’utilité qui nous met en joie et celle qui nous procure une satisfaction immédiate mais périssable.
Identifier ses motivations intrinsèques permet de comprendre pourquoi nous sommes, ne sommes pas ou plus motivés. Cela permet d’identifier ce qui va nous (re)mettre en mouvement pour bâtir le plan d’action et … le déployer avec motivation et envie.
Parmi les questions que j’invite mes clients à se poser pour identifier leurs sources de motivation, j’aime particulièrement celle-ci : “Que fais-je de façon spontanée, sans devoir me demander pourquoi je le fais ?”
Et vous quelle question poseriez-vous ?